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Fabriquer un déshydrateur solaire passif – Présentation

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Des figues déshydratées ont une couleur plus brune que vioette.

Qui dit potager et verger en forme, dit abondance durant les mois chauds de l’année. La transformation de la production prend alors parfois des airs de marathon: cueillette, lavage, découpage, cuisson, stérilisation/congélation. Ceci n’est pas une fatalité : il existe d’autres méthodes de conservation moins chronophage, comme la déshydratation. Dans notre objectif de développer la permaculture au delà du potager, nous nous sommes intéressés au mouvement low-tech, et particulièrement à la réalisation d’un déshydrateur solaire.

La construction d’un déshydrateur solaire peut être vue comme une application pratique de plusieurs principes permaculturels notamment ceux développés par David Holmgren.

Par exemple, le principe n°3 intégrer plutôt que séparer (obtenir une synergie) : en intégrant le déshydrateur solaire dans notre système, on crée une synergie avec le potager et le verger (des voisins). Les surplus de récoltes peuvent être conservés de manière durable, contribuant ainsi à un système plus résilient.

Ou encore le principe n°5 utiliser et valoriser les ressources et services renouvelables : la construction d’un déshydrateur solaire s’appuie sur l’utilisation de l’énergie solaire, une ressource renouvelable et locale, pour déshydrater les aliments.

Notre cahier des charges était le suivant:

  • auto-construction
  • utiliser des matériaux recyclés et, à défaut, obtenir un prix final raisonnable
  • obtenir un séchoir entièrement passif pouvant séjourner dehors, même sous la pluie
  • obtenir une surface de séchage importante afin de pouvoir traiter de grandes quantités de produit en une seule fois

Après de nombreuses recherches, notre choix s’est porté sur le modèle détaillé dans cet article de l’excellent site motherearthnews.

Présentation du modèle de déshydrateur solaire retenu

Principe général

Deux parties distinctes composent le déshydrateur :

  • le concentrateur solaire : il s’agit de la partie recevant le rayonnement solaire et chargée de générer de la chaleur qui sera transmise à la chambre de séchage. Il se compose d’un réflecteur solaire, construit dans un matériaux réfléchissant, et d’une masse d’inertie qui est chargée de recevoir, stocker et diffuser la chaleur.
  • la chambre de séchage: il s’agit de la partie ou seront disposés les aliments pour séchage. Elle se situe au dessus du concentrateur et reçoit la chaleur par convection: l’air chaud étant plus léger que l’air froid, il aura naturellement tendance à s’accumuler au point le plus haut d’un bâti fermé. Avec les chaleurs de cet été, ceux qui dorment sous les combles de leur maison savent de quoi je parle :).
Aspect général du déshydrateur solaire.
Le concentrateur est la partie inclinée alors que la chambre de séchage est la partie supérieure du déshydrateur.

Optimisation de l’angle du concentrateur solaire

Pour une utilisation optimale du déshydrateur, il convient d’orienter le concentrateur face au soleil (et donc idéalement de le tourner au fil de la journée), mais ce n’est pas le seul paramètre à prendre en compte.

En effet, en fonction de la latitude et de la saison à laquelle l’appareil sera utilisé, le soleil sera plus ou moins haut dans le ciel. Le déshydrateur, tel qu’il est décrit dans l’article d’origine, devra être construit avec un angle optimal en fonction de la latitude, ceci le rendant particulièrement efficace entre le 21 Mars et le 21 Mai, puis entre le 21 Juillet et le 21 Septembre (en symétrie du solstice d’été).

Le tableau suivant donne la correspondance latitude/angle (ex: pour Saintes en charente-Maritime, la latitude étant approximativement de 45°, nous avons opté pour un angle à 125°):

LatitudeAngle
20100
30110
40120
50130
60140
Correspondance entre la latitude d’utilisation et l’angle réflecteur/chambre

Régulation de la température

Afin de déshydrater les aliments sans les cuire, et ainsi conserver tous leurs bienfaits, il convient de maintenir une température sous contrôle, idéalement entre 35 et 70°C en fonction des aliments.

Le déshydrateur étant passif, sans système de ventilation mécanique, le contrôle de la température sera réalisé en utilisant des trappes coulissantes situées au faîtage de la chambre de séchage. Le mouvement de convection de l’air chaud, associé à la présence de ces trappes sur les deux faces de la chambre, entraînera une évacuation plus ou moins importante de la chaleur.

En haut du déshydrateur solaire, on trouve deux trappes de ventilations.
Trappe de ventilation située sur la face avant de la chambre de séchage

Autre point important, la déshydratation entraînant une volatilisation importante d’eau dans la chambre de séchage, il faudra également veiller, au moyens de ces trappes, à maintenir une ventilation suffisante quoi qu’il arrive.

Afin de parvenir à réguler la température de manière optimale, nous avons ajouté un thermomètre contrôlable de l’extérieur. Il est situé à la jonction entre le concentrateur et la chambre.

Un thermomètre permet de contrôler la température à l'intérieur du déshydrateur solaire.

Dans un second article, nous vous dévoilerons les détails de la réalisation de ce projet passionnant. Du choix des matériaux à la construction du déshydrateur solaire. Préparez-vous à plonger dans le monde de l’auto-construction durable et de la préservation des récoltes de manière simple, saine et efficace.

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