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Je n’ai plus de compte Instagram

Il y a quelques semaines, j’ai pris une décision qui me semblait encore impensable il y a quelques mois : supprimer mon compte Instagram.

J’ai créé mon premier compte Instagram pour des intérêts personnels. Je l’utilisais comme un album de souvenirs, puis comme un moyen de donner des nouvelles à toute la famille et aux amis, ce que je trouvais extrêmement pratique car nous nous étions éloignés géographiquement de nos proches. Je postais nos sorties, les gâteaux d’anniversaires, les petits moments du quotidien, les créations tellement adorables des enfants…

Puis petit à petit, mon utilisation d’Instagram a évolué et est devenu une source inépuisable d’inspirations. J’y trouvais des activités pédagogiques, des idées de cousettes, des astuces de jardinage, des pistes de lecture, etc. puis je m’en suis servi professionnellement pour transmettre à mon tour et communiquer sur mon activité.

Alors, pourquoi j’ai supprimé mon compte Instagram ?

Ce réseau social, qui m’a tant apporté au début est devenu une source de stress et de frustration. Le déclencheur, fut l’annonce qu’il faut désormais payer un abonnement pour protéger mes données personnelles. Payer pour un droit fondamental ? Payer pour garder un peu de liberté dans un espace virtuel censé être gratuit ?

Ce fut la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, déjà bien rempli. Car si je suis partie, ce n’est pas seulement pour cette raison. Instagram, petit à petit, grignotait ma tranquillité, mon temps, mon espace mental… et même ma façon de vivre le quotidien.

Le poids invisible d’Instagram

Si au départ, j’y allais « pour voir ». Pour suivre des comptes qui m’inspiraient, pour m’informer, pour partager aussi un peu de mon univers, mais très vite, le plaisir s’est transformé en une espèce de tension permanente.

Un climat anxiogène et violent

Dernièrement, ce qui m’a été le plus difficile à supporter, c’est le climat anxiogène : on y trouve énormément d’informations, de nouvelles, de contenus qui tournent en boucle. Entre le climat, la politique, les guerres, les catastrophes naturelles… tout semble urgent, dramatique. Comme si chaque jour venait rappeler que « le monde va extrêmement mal ». Ce n’est pas faux, mais recevoir tout ça en flux continu finit par être étouffant et déprimant.

Les critiques et le manque de filtre : sur les réseaux sociaux, on se permet de juger, critiquer, insulter parfois. L’irrespect règne, souvent caché derrière un écran anonyme. C’est violent, même quand ça ne s’adresse pas directement à soi. Et cette violence est également très présente dans les images : la souffrance et le massacre des animaux, mais aussi ceux des hommes, parfois juste pour s’amuser !

La comparaison qui abîme l’estime de soi

Et puis, il y a cette autre facette, plus sournoise encore : la comparaison permanente avec ces vies « instagrammables » où tout semble parfait. Des maisons toujours impeccables, des enfants sages comme des images, des repas faits maison dignes d’un magazine culinaire… En scrollant, on finit par se sentir « pas assez » : pas assez organisée, pas assez créative, pas assez présente pour nos enfants ou notre couple. C’est comme si la vie des autres devenait un étalon impossible à atteindre. Cette illusion de perfection abîme insidieusement notre estime de nous-mêmes et installe une frustration permanente.

A tout cela, s’ajoute le temps qui file : je me suis fixé des limites, notamment en réduisant drastiquement le nombre de comptes que je suivais. Mais rien n’y faisait, ça demande un effort conscient. Les stories et les « réels » attrapent notre attention comme un hameçon. On pense y passer deux minutes, on lève la tête et une demi-heure s’est écoulée.

Parlons du temps et de la charge mentale nécessaires pour alimenter mon compte : publier demande beaucoup d’énergie. Penser aux photos, rédiger les légendes, au moment idéal pour poster. Et puis il y a cette petite voix qui répète : « vite, filme ça, prends une photo, ça pourra servir pour les réseaux ».

Quand le virtuel prend le pas sur le réel

Le pire, c’est cette habitude insidieuse de vivre à travers son téléphone. Je me suis surprise à penser, face à un beau moment : « Vite, il faut que je filme. » Ou encore : « Ça ferait une belle photo pour Insta. » Résultat : le moment n’est plus vécu pleinement. Je ne suis plus là, dans l’instant, mais déjà ailleurs : en train de réfléchir à la meilleure prise de vue, au cadrage, au filtre que je mettrai dessus.

Et puis… toutes ces photos accumulées. Des dizaines, des centaines d’images qui, sorties des réseaux, n’ont plus aucun sens. Sérieusement, à quoi sert la photo d’une assiette de frites, si ce n’est à remplir une story ?

De plus en plus souvent, je me suis demandé : Mais pourquoi je fais ça ? Pourquoi je poste ça, qu’est ce que je veux prouver et à qui ? Ai-je besoin de me convaincre que ma vie est bien remplie ? Ou est-ce pour convaincre les autres ? Est ce que ça va vraiment être utile à d’autres personnes ?

La vérité, c’est que je n’en ai pas besoin. Ma vie n’a pas besoin d’être exposée pour que je me sente exister. Et il existe d’autres moyens de communiquer bien plus concluant que les réseaux sociaux surtout lorsque nous avons une toute petite communauté.

Les “copines virtuelles”

Je ne vais pas mentir : quitter Instagram, ça n’a pas été si simple. Ce n’était pas une addiction mais une habitude bien ancrée quand même. Je ne ressentais pas un manque, mais le réflexe d’ouvrir l’application était devenu automatique dès que je n’étais plus occupée. Et il y a mes comptes chouchous, ces comptes que j’adorais suivre : des femmes inspirantes, des créatrices talentueuses. Des personnes que je suivais depuis longtemps, presque comme si elles faisaient partie de ma vie.

Un peu comme des « copines ». On partage leur quotidien, leurs astuces, leurs réflexions. On rit avec elles, on compatit parfois. Mais au fond… ce n’est pas une vraie relation. Mes amies, les vraies, celles en chair et en os, je n’avais même plus de temps à leur accorder justement parce que mon énergie partait ailleurs. Et ça, c’est une belle leçon, non ?

Avant de quitter Instagram, j’ai réévalué ces comptes et je me suis suis rendue compte, que pour ceux dont le contenu m’intéresse tout particulièrement soit j’ai déjà leurs livres, leurs programmes ou je suis inscrite à leur newsletter et c’est amplement suffisant.

Ce que j’y gagne

C’est tout à fait personnel et c’est certes très récent. Mais je suis convaincue que supprimer mon compte Instagram ne sera pas une perte mais plutôt une libération.

  • Je respecte mes valeurs. Je refuse de monnayer ma liberté, mes informations personnelles pour permettre à d’autres de me fabriquer des besoins et m’inviter à consommer plus.
  • Je gagne du temps : plus d’heures volées par les réels, plus d’obligation de poster. Du temps libéré pour mes projets, pour mes proches, pour moi.
  • Mes relations gagnent en qualité : les réseaux nous donnent l’illusion que nous sommes en lien avec le monde, avec les autres, avec nos proches. Mais ce que je souhaite ce sont des relations réelles et non virtuelles, fortes, sincères et imparfaites.
  • Je gagne en sérénité et en sobriété : mon esprit est moins pollué, moins chargé d’images, de comparaisons, d’infos anxiogènes. Je ne suis plus prise dans cette spirale où l’on croit devoir être visible partout et par tous moyens, montrer qu’on existe.
  • Je gagne en authenticité : je vis les moments pour moi, pas pour les partager. Je prends une photo si j’en ai envie, pour nous créer un souvenir, mais pas pour « nourrir » un algorithme.

C’est un peu comme si j’avais retiré un poids invisible de mes épaules. Je me suis allégée.

Une sobriété heureuse

Au fond, ce choix s’inscrit dans une démarche plus large : celle de la sobriété. C’est une première étape vers plus de sobriété numérique mais pas seulement.

Pierre Rabhi disait :

La sobriété est une option heureuse qui produit une vie allégée, tranquille et libre. Le bonheur n’est pas dans la possession, dans l’avoir, mais dans l’être.

Et c’est exactement ça. Je n’ai pas supprimé Instagram par sacrifice, mais par envie de légèreté.

Conclusion : payer pour une liberté gratuite

Finalement, ce qui m’a poussée à supprimer mon compte, c’est cette absurdité : payer pour protéger ma vie privée. Payer pour continuer à exister dans un monde qui, en réalité, ne m’apportait plus rien de vrai.

Je préfère garder cette liberté autrement. Une liberté gratuite, celle de lever les yeux, de vivre mes moments pleinement, de cultiver mes amitiés réelles et d’avancer sans avoir à prouver quoi que ce soit.

Si j’ai écrit cet article, ce n’est pas pour vous convaincre d’en faire autant. Je souhaite juste expliquer mon absence sur Instagram car aujourd’hui, avoir un compte Instagram pour son entreprise est presque vu comme une obligation. Je veux montrer qu’on peut aussi choisir un autre chemin.

Et si vous êtes dans la même situation et que vous souhaitez en faire autant, voici un article qui vous expliquera comment procéder car la manipulation n’est pas si évidente.

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