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Mais au fait, quel est le rapport entre la couture et la permaculture ?

Réparation créative de vêtement avec patchs en feutrine et broderie main.

C’est une question qui m’a fait sourire l’autre jour en atelier. Une participante me regardait manier l’aiguille et m’a lancé : « Si vous faites de la permaculture, pourquoi vous animez des ateliers couture ? C’est quoi le rapport ? »

J’ai souri avec un petit air (qui se voulait) mystérieux parce que pour moi, c’est une évidence. Mais en y réfléchissant, je comprends que si on voit la permaculture uniquement comme une technique pour faire pousser des tomates, le lien avec une bobine de fil ne saute pas aux yeux. Tu te poses peut-être cette question également.

En fait, si je passe un peu de temps à réparer des vêtements, c’est parce que la permaculture, c’est bien plus qu’un potager. C’est une philosophie, une manière de regarder le monde et d’utiliser nos ressources. Et bizarrement, ma boîte à couture est l’un de mes meilleurs outils de « permacultrice ».

Prendre soin de ce qui est déjà là

Au jardin, le premier réflexe en permaculture, c’est de prendre soin du sol. On ne le laisse pas s’épuiser, on le nourrit, on le protège. Pour nos vêtements, c’est pareil.

On vit dans une époque où l’on consomme des quantités astronomiques de textile (on parle de 800 000 tonnes1 ! Par an ! En France ! C’est vertigineux…). On achète, on porte, on jette au moindre accroc. Pour moi, jeter un pantalon parce qu’il a un trou au genou, c’est comme arracher une plante parce qu’une feuille a jauni : c’est un énorme gaspillage de l’énergie et des ressources qui ont été nécessaires pour les créer.

Réparer, c’est refuser de produire un déchet. C’est une manière de dire que ce que l’on possède a de la valeur. En recousant un bouton ou en stoppant trou d’une chaussette, je « nourris » mon armoire pour qu’elle dure, tout comme je nourris ma terre pour qu’elle reste fertile. On utilise ce qu’on a déjà pour ne pas avoir à puiser ailleurs.

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La couture à la main, ma parenthèse « low-tech »

Tu sais, j’adore ma machine à coudre, c’est une alliée précieuse. Mais j’ai une tendresse immense pour la couture à la main. C’est la « low-tech » par excellence. Pas besoin de prise, pas de bruit, pas de réglages compliqués. Juste une aiguille, un fil, et mes mains.

C’est une activité qui se glisse partout. Je le fais dans le canapé le soir, ou même en attendant les enfants à la sortie de leur activité. C’est un temps calme, presque une méditation. Et puis, il y a cette fierté de se dire qu’on ne dépend plus d’une industrie à l’autre bout du monde. On redevient artisan de sa propre vie. On ralentit, on prend le temps d’apprécier tout simplement.

Transformer les petits accidents en histoires

Ce que j’aime par-dessus tout, c’est quand la réparation devient créative. Tu te dis peut-être que pour cela il faut avoir des idées. Mais aujourd’hui on trouve l’inspiration partout. Par exemple, j’avais vu une proposition pour customiser une chemise avec de la feutrine ici. J’ai utilisé cette proposition pour sauver ce pantacourt blanc. Des patchs de feutrine et quelques points de broderie… et les tâches sur la poche ont « disparues ».

Ce pantalon, je le trouve encore plus chouette comme ça. Une tache rebelle aurait pu l’envoyer au chiffon ou échoué sur une plage loin de chez moi.

En permaculture, on dit souvent qu’il faut « valoriser la diversité et les bordures ». Ici, la « bordure », c’est l’imperfection du vêtement. En brodant par-dessus un défaut, on transforme un accident en une histoire. Le vêtement devient unique, il a du caractère. Il n’est plus « abîmé », il est « stylé »!?

De la bobine de fil à l’autonomie à la maison

Et puis, si on tire un peu plus sur le fil, la couture nous mène vers une autonomie incroyable. Quand on sait coudre, on peut fabriquer des objets qui nous font économiser une énergie folle.

Je pense particulièrement à la Marmite Norvégienne, par exemple. C’est un simple caisson ou un sac en tissu bien isolé qui permet de terminer la cuisson des plats sans aucun feu, juste avec la chaleur emprisonnée. C’est de la pure permaculture appliquée à la cuisine ! Ou même des choses toutes bêtes : un bonnet en laine cousu pour aider les yaourts maison à prendre, ou des sacs à vrac pour en finir avec les emballages.

Si tu veux voir à quoi ressemble une marmite norvégienne en tissu, voici le tutoriel partagé par le low-tech lab. Et tu pourras trouver de nombreuses idées d’articles réutilisables à coudre pour la maison sur pinterest. Voici mon tableau.

Un savoir-faire pour tout le monde

Parfois, la couture souffre de l’image peu valorisante d’être une tâche ménagère démodée ou réservée aux femmes d’une autre époque. Ça me désole un peu. En réalité, c’est un savoir-faire de survie et d’autonomie qui appartient à tout le monde, hommes comme femmes. C’est une compétence qui libère.

Apprendre à réparer, c’est s’alléger l’esprit. On réduit notre charge mentale _ « Zut, encore un truc à racheter ! » _ et on fait du bien à la planète, un petit point à la fois. Et surtout, on s’autorise à ne pas être parfait. Un point un peu de travers sur le genou du pantalon de votre enfant, c’est avant tout une preuve de soin et d’amour, pas une erreur de fabrication.

Voilà pourquoi, quand j’en ai l’occasion, j’anime ces ateliers. Ce n’est pas « juste » pour recoudre des trous, c’est pour partager cette philosophie de la douceur et de la durée.

Et toi, ça te parle cette idée de prendre le temps de soigner tes affaires ? Est-ce que tu vois un peu mieux le lien maintenant, entre mon jardin et mon panier à couture ? J’adorerais savoir si tu as déjà testé la couture à la main ou si c’est quelque chose qui t’intimide encore…

Dis-moi ce que tu en penses !

  1. ADEME – Déchets textiles et chaussures : le nouveau défi à relever – 07/2025 – https://infos.ademe.fr/magazine-juillet-2025/dechets-textiles-et-chaussures-le-nouveau-defi-a-relever/ ↩︎
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6 commentaires sur “Mais au fait, quel est le rapport entre la couture et la permaculture ?”

  1. J’ai un lien très étonnant avec la couture! C’est une activité qui m’attire. J’aime me dire que je peux réparer ou même faire un vêtement à partir de mes petits doigts…et pourtant quand je m’y mets, ne serait-ce que pour recoudre un bouton ou réparer une chaussette trouée, je n’y trouve aucun plaisir et je repousse ça au maximum (en me disant que mon mari, qui fait pas mal de couture, prendra peut-être le relais!)

    1. Tu préfèrerais peut être quelque chose de plus créatif? Coudre un accessoire ou un vêtement ? Ou d’autres travaux d’aiguilles : tricot, crochet, broderie, etc. Personnellement, j’adore partir de pièces en 2D et que le tout prenne forme une fois cousu…

  2. J’adore cette manière de relier la couture à la permaculture, ça fait tellement sens. On parle souvent d’écologie par rapport à l’extérieur de nous (ne pas jeter des détritus dans la nature etc), mais là tu montres que ça commence aussi dans nos gestes du quotidien.
    Réparer un vêtement, ce n’est pas juste éviter un déchet… C’est aussi changer notre rapport à la valeur et au temps, sortir du “tout jetable” pour revenir à quelque chose de plus conscient.
    Et finalement, c’est presque une forme d’ancrage aussi, comme au jardin.

    1. Merci Ana pour ton commentaire. Il est parfois difficile de s’ancrer et de se souvenir de ce qui est vraiment primordial. Acceptons de prendre du temps pour ce qui compte pour nous.

    1. Le crochet me résiste… j’aime tellement les travaux au crochet pourtant. Toutefois ce n’est pas grave, j’ai déjà de quoi m’occuper !

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