Aller au contenu
Accueil » Défi #3 : exploration du merveilleux monde des cucurbitaceae

Défi #3 : exploration du merveilleux monde des cucurbitaceae

  • par
Un étalage de courges d'espèces différentes sous le soleil d'automne.

Cette semaine, il a beaucoup plu et de nombreuses questions ont émergé, m’obligeant ainsi à passer du temps à l’intérieur, le nez derrière l’ordinateur ou plongé dans les livres pour trouver les éléments de réponse sérieux à mes préoccupations. Mes principales interrogations portaient sur la pertinence de conserver mes graines de courges pour les consommer et sur la manière de soigner au mieux la parcelle à l’ouest du nouveau potager qui a été entièrement recouverte de liseron. Deux surprises sont également venues s’ajouter à mes réflexions.

Note : je vais traiter ces questions en deux articles car c’était trop long à mon goût.

Dilemme au potager : entre hybridation des courges, risques de toxicité, et précautions à prendre

Mes connaissances m’avaient amené à conclure que récupérer les graines de mes courges pour les semer l’année suivante était déconseillé. La qualité des fruits de cette nouvelle génération serait trop aléatoire, les courges s’hybridant pendant la fécondation, pouvant même devenir toxiques si les abeilles butinent des coloquintes !

N’ayant aucune intention de prendre des risques, j’ai décidé de ne pas utiliser de semences tant que je n’assure pas moi-même manuellement la fécondation avec la technique du voilage autour de la fleur pour la protéger de toute intrusion de butineuse. Deux événements récents ont remis en question mes certitudes.

Il y a quelques semaines, lors de la fête de la courge aux jardins respectueux, une personne m’a informé qu’il n’y aurait que l’espèce de Cucurbita pepo qui serait concernée par les problèmes liés à l’hybridation. Une affirmation nécessitant une vérification !

Le deuxième évènement a été la découverte de bryone, une plante très toxique de la famille des Cucurbitaceae, à proximité de mes courges melonnettes jaspées de Vendée. J’avais envie de conserver les graines de courges des fruits obtenus cette année pour notre consommation, car j’adore les utiliser dans le petit déjeuner et les salades. Au fil de mes lectures et recherches, j’ai compris que lors d’une hybridation pendant la fécondation avec une plante toxique, le fruit obtenu n’est pas toxique, mais les graines, elles peuvent contenir la molécule toxique.

Voyage botanique dans la famille des cucurbitaceae

Comme nous l’a répété Charles Peyrouty lors du CCP, la permaculture est un art à la croisée des sciences, et parmi toutes ces sciences, il y a la biologie et la botanique. Rassurez-vous, je ne vais pas me lancer dans un cours magistral même si le sujet est passionant et que je regrette un peu de ne pas avoir été plus attentive en cours.

Les courges font partie de la famille des Cucurbitaceae (qui ne se limite pas aux courges). Dans cette famille, on trouve plusieurs espèces de courges. Le mot « espèce » a toute son importance pour la suite. Une espèce est définie comme un groupe de plantes descendant d’un ancêtre commun et qui peuvent se reproduire entre elles, mais généralement pas avec les membres d’une autre espèce.

Les trois principales espèces de courges cultivées en France sont Cucurbita moschata, Cucurbita maxima, et Cucurbita pepo, avec diverses variétés sous chacune :

Espèces :Cucurbita moschataCucurbita maximaCucurbita pepo
Variétés :Butternut
Longue de Nice
Musquée de Provence
Sucrine du Berry …
Potiron
Potimarron
Pint Banana
Atlantic Giant…
Courgettes
Melonnettes
Patisson
Citrouille
Les « fausses coloquintes » (courges d’ornement, non comestibles)
Les 3 principales espèces de courges cultivées en France

La bryone à côté de mes melonnettes, bien que de la famille des Cucurbitaceae, appartient au genre Bryonia, tandis que la courge melonnette est du genre Cucumis. Un genre regroupe plusieurs espèces apparentées. La différence génétique importante entre les genres Bryonia et Cucumis rend improbable l’hybridation naturelle entre la bryone et la courge melonnette.

La bryone produit des petites baies toxiques.
Fruits de la bryonia dioica – fam. Cucurbitacae – Source : https://www.tela-botanica.org/bdtfx-nn-11290-illustrations

Quant à mes graines, je les ai mises à sécher, mais le processus a été trop lent, et elles ont commencé à germer. J’ai donc tout jeteé. L’année prochaine, je planifierai dès mai l’utilisation des graines de mes courges.

Des nouvelles plantations et deux surprises

Nid de frelons à la cime d'un arbre.

La première surprise s’est révélée en levant le nez : les arbres ont perdu leurs feuilles, dévoilant un nid de frelons asiatiques. L’autre, plus agréable, est la découverte d’un petit chou romanesco prenant forme parmi les plants que je pensais épuisés. Nous aurons peut-être la chance d’avoir un beau chou romanesco.

Un jeune chou romanesco se développe.
Contre tout attente, ce plant nous offrira peut-être un joli chou romanesco.

On a aussi pris un peu de temps pour planter notre poirier. Celui acheté bradé dans une grande surface (voir l’article précédent). J’aurais aimé qu’il soit près d’un chêne pour lui tenir companie. Mais pas de chênes chez nous. Dans la nature, le poirier sauvage pousse très près des chênes qui semble soutenir son développement. C’est ce qu’on appelle le biotope. Si ce sujet vous intéresse, je vous conseile le site www.permaforet.org. C’est une mine d’or.

Et enfin, j’ai fait un petit tour en jardinerie et j’ai acheté… des plants d’épinards ! Oui, je suis têtue.

Prudence est mère de sûreté

Sans tomber dans la psychose, il est important de bien observer ce qui pousse et de se renseigner auprès de sources fiables. Il existe des bases de données botaniques officielles comme la Société botanique de France et Les bases de données du muséum national d’histoire naturelle. J’aime aussi utiliser la base e-flore du réseau Tela Botanica. Tout ce qui pousse dans le jardin n’est pas forcément comestibles. Je préfère prendre le temps de vérifier et de croiser mes sources avant de faire une salade de plantes sauvages. Tout comme on le ferait avec des champignons. Ca sera le mot de la fin. On se retrouve bientot pour une exploration du liseron.

Spread the love

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.