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Enlever la mauvaise herbe de votre potager – Défi #4

Liseron des champs fleuris

Je reviens avec un nouvel article pour continuer mon défi. Tempêtes, virus me ralentissent mais ne m’arrêtent pas. Ces derniers jours nous nous sommes surtout attachés à trouver des solutions pour lutter contre une mauvaise herbe. Cette année nous avons démarré un nouveau potager et ce dernier a été envahi par le liseron des champs. Malgré mes efforts pour l’éliminer au fur et à mesure, il a prospéré à une vitesse déconcertante. Avant de m’attaquer tête baissée à ce problème, en tant qu’apprentie permacultrice, je me suis posé la question essentielle : que peut nous enseigner cette adventice, avec ses fleurs que je trouve que je trouve bien jolies ?

Les conditions de développement du liseron des champs.

La préoccupation de nombreux jardiniers est de savoir comment se débarrasser des mauvaises herbes dans leur potager. Avant l’aménagement du potager à cet endroit, le liseron était rare. D’où vient cette astéracée vivace et pourquoi s’est-elle développée autant ? Les sols regorgent de graines en attente des bonnes conditions pour germer et croître. Pour le liseron des champs, ces conditions idéales incluent un sol compact et saturé d’azote, avec un excès de matière organique.

Ainsi, il semble que nous ayons créé les conditions parfaites pour son développement. Ce nouveau potager, a été aménagé devant la maison. Il s’agissait d’une zone non cultivée qui a connu de nombreux passages de tondeuses et même un peu de véhicules. Pour faciliter la plantation rapide, nous avons utilisé un motoculteur et ajouté du fumier au sol, le recouvrant ensuite de paillis pour le protéger de la chaleur. Cependant, lorsque le sol est compact, l’oxygène circule mal et la décomposition des matières organiques ne peut pas se faire de manière optimale.

Faut-il éliminer cette mauvaise herbe ?

Sous des conditions propices, chaque fragment de liseron peut donner naissance à une nouvelle plante.

À chaque tentative d’arrachage, j’aidais involontairement la plante à se multiplier, car il est difficile de retirer toutes les parties de la plante. Même le plus petit morceau de racine laissé dans le sol peut repousser.

Souvent le problème est la solution. Ce liseron couvrait plus de 70 % du sol, je peux donc le considérer comme une plante bioindicatrice plutôt que comme une mauvaise herbe. Chaque plante pousse dans des conditions qui lui sont favorables et joue un rôle spécifique. Le liseron des champs, en décompactant le sol avec son réseau de racines, peut avoir une fonction réparatrice bénéfique.

Il a d’autres avantages comme être attractif pour les syrphes qui sont de grands consommateurs de pucerons et les abeilles et les bourdons dont le rôle pour la fécondation des cultures n’est plus à prouver. L’idéal serait de le laisser faire son travail de décompacteur tout en le contrôlant pour éviter d’envahir les cultures.

Comment lutter contre le liseron ?

Au départ, j’ai pensé essayer de rééquilibrer le sol. S’il y a trop d’azote, alors pourquoi ne pas apporter du carbone avec du bois broyé par exemple ? J’ai aussi pensé planter des plantes gourmandes en azote mais nous sommes en automne et je n’ai plus grand chose à planter. Des épinards ?

Au fur et à mesure de mes lectures et recherches, je constitue ma base de ressources et en ce qui concerne les plantes bioindicatrice, j’ai trouvé un mentor en la personne de Gérard Ducerf. Botaniste spécialisé et auteur renommé, il est une référence incontournable en matière de plantes bioindicatrices. Il partage son expertise très simplement et nous donne des clés pour comprendre et travailler en harmonie avec la nature.

En résumé, ces conseils sont simplement d’aérer le sol sans le retourner et de recouvrir le sol avec de la matière équilibrée. Un bon équilibre serait d’environ 2/3 d’azote pour 1/3 de carbone. Ainsi, nous avons entrepris les actions suivantes :

  • Aérer le sol à l’aide d’une d’une grelinette sans le retourner,
  • Extraire à la main et soigneusement le plus possible de racines de liseron. (Je précise que je ne les ai pas jetées dans notre compost.)
  • Recouvrir le sol d’une bonne épaisseur de foin. Ca le protègera de la pluie et le foin à l’avantage d’être équilibré.
  • Planter quelques plants d’épinards dans un petit coin. (Ah ah ah ! Que voulez vous ?)
Le retrait du liseron a été débuté sur ces parcelles en forme de quart de cercle.
Ces parcelles sont en cours de nettoyage (retrait du liseron).

D’autres méthodes anti-liseron existent, mais je ne les ai pas encore testées, donc je ne peux garantir leur efficacité:

  • la création de concurrence en plantant un engrais vert comme la moutarde,
  • l’étouffement du liseron en disposant une bâche noire sur les zones fortement infestées,
  • ou la pulvérisation de vinaigre ménager sur les tiges toutes les deux semaines.

En principe, toutes ces méthodes peuvent fonctionner avec les autres adventices : chiendent, plantain, pissenlit, etc.

Quelques plantations et récoltes

En ce qui concerne les plantations, mes nouveaux plants de salade ont été décimés en quatre jours. Et la récolte de patates douces est plutôt maigre cette année.

Mon conjoint a récupéré une belle quantité de fumier de cheval de qualité dans un centre équestre à quelques kilomètres de chez nous. Il a également utilisé une grelinette pour retirer les herbes les plus hautes de la partie de l’ancien potager que j’avais laissée à l’abandon cette année. Je prévois de la recouvrir dans les prochains jours.

Météo France annonce une baisse plus significative des températures dans les prochains jours. Par conséquent, je pense mettre un voile de protection sur le cresson et les radis, et abriter les plantes sensibles au gel, comme le bougainvillier.

Bougainvillier en fleurs
Le bougainvillier craint le gel et doit être abrité en automne hiver.

Et chez vous, que se passe-t-il au potager ? Dites-moi tout en commentaire!
A très bientôt, avec le bonnet et une écharpe bien chaude !

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4 commentaires sur “Enlever la mauvaise herbe de votre potager – Défi #4”

  1. Merci pour cet article Muriel ! C’est tellement intéressant de voir ces expérimentations et tests. Le seul problème avec ces articles c’est que je regrette de plus en plus de ne pas avoir un petit bout de terrain pour me mettre à la permaculture 🙂 Comprendre, observer ce qui se passe pour travailler avec la nature plutôt que contre c’est quand même une belle approche ! Je préfère parler « d’herbes folles » personnellement quand je parle de ces plantes, ça permet de moins avoir d’aprioris négatifs dès le début même si je pense bien que certaines sont vraiment embêtantes au potager.

    1. Merci Florian pour ton commentaire. J’aime beaucoup cette expression « d’herbes folles ». Je me permettrai peut-être de te l’emprunter, si tu es d’accord 😉
      Et ne t’inquiète pas, il est possible d’inviter la nature même sur un bord de fenêtre. Ca me donne des nouvelles idées d’expériences et d’articles ! Merci !

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