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Quel smartphone choisir ? Guide pratique pour un numérique sobre et durable

téléphone fixe, ancien et monochrome noir.

Quand on décide de reprendre le contrôle sur son téléphone, une question surgit très vite :
Mais alors, est-ce que je garde mon smartphone ? J’en fais quoi ? Et si je dois en racheter un, lequel choisir ?

Avec tout le travail que j’ai réalisé en amont, je pensais que cette étape serait la plus simple. Mais non !
Aujourd’hui, il existe un marché foisonnant pour répondre aux besoins des personnes qui veulent récupérer leur attention et leur temps de cerveau…
Un autre marché se développe autour des appareils dits éco-responsables, sans parler de l’offre déjà gigantesque des smartphones ultra-connectés.
Et pour choisir, il faut connaître et jongler avec une bonne dizaine de critères.

J’ai le cerveau en ébullition, et j’ai eu un moment où j’ai pensé qu’il serait finalement plus simple de construire un pigeonnier et d’apprendre à faire des signaux de feu !

Mais non, je m’accroche. Mon objectif est de trouver ce qui me conviendra le mieux dans toutes ces alternatives.
Et avant de se lancer, pour que le changement soit durable, je pense qu’il faut d’abord savoir ce qu’on cherche — et surtout ce qu’on veut éviter.

Pourquoi changer, alors que mon S10 fonctionne encore ?

Je vais commencer par te raconter un peu ma life parce que j’aime que les choses soient dans leur contexte qui n’est probablement pas le même que le tien. Je cherche un autre téléphone, tout simplement parce que j’ai choisi de transmettre le mien à ma fille, partie loin de la maison pour plusieurs mois. Elle avait besoin d’un moyen de communication fiable, et je ne voulais pas acheter un smartphone neuf.
Je ne peux plus concevoir de participer à la surproduction d’objets électroniques ni au gaspillage de ressources qu’elle entraîne.

Mon but : trouver un téléphone de seconde main, un appareil “oublié” au fond d’un tiroir, à qui je pourrais donner une seconde vie. À l’usage, je verrai si je peux le garder longtemps ou le faire réparer si besoin.
Mais je crains un peu la tentation d’y réinstaller toutes mes anciennes applications, si j’ai “l’objet de toutes les tentations” entre les mains…

Où j’en suis aujourd’hui ?

Avant de changer d’appareil, j’ai pris le temps de faire le point sur mon utilisation réelle :

  • Modem 4G pour connecter mon PC en déplacement.
  • Téléphone et SMS
  • Gmail (application activée, mais pas sur ma page d’accueil)
  • GPS, même si j’essaie de préparer mes trajets à l’avance. J’ai d’ailleurs ressorti le calendrier de la Poste avec les plans des villes alentours.
  • WhatsApp, avec des limites claires et un usage précis (pour le moment).
  • Application bancaire, indispensable pour valider certaines opérations.
  • Family Link pour le suivi parental.
  • Appareil photo, car mon chéri utilise notre compact comme webcam.
  • J’ai aussi remarqué que certains objets connectés comme mon aspirateur robot ou ma machine à laver nécessitent une application pour certaines fonction. je ne peux pas démarrer la vidange sans l’application. La prochaine fois que j’achèterai un appareil ménager, je ferai plus attention à ce critère.

On pourrait croire qu’un téléphone plus simple coûte moins cher…

Mais non !

Et les téléphones éthiques comme le Fairphone tournent autour de 600 à 700 €, mais pour plusieurs années de tranquillité et de cohérence écologique.

Les téléphones basiques design (comme les Punkt ou Light Phone) dépassent souvent les 300 €.

Les modèles reconditionnés de grandes marques se trouvent entre 150 et 400 €.

Les critères à regarder avant d’acheter

Réparabilité

Choisis un appareil avec une bonne note de réparabilité (score iFixit ou étiquette officielle française).
Plus la note est haute, plus les pièces sont accessibles et remplaçables.
Un téléphone qu’on peut ouvrir, c’est un téléphone qu’on peut faire durer !

Durée des mises à jour logicielles

Beaucoup d’appareils deviennent obsolètes simplement parce qu’ils ne sont plus mis à jour. L’idéal serait un modèle avec au moins 5 ans de mises à jour de sécurité pour un smartphone.

Batterie remplaçable

C’est un vrai plus. Pouvoir changer la batterie rallonge considérablement la durée de vie d’un appareil. C’est rare aujourd’hui, mais la bonne nouvelle : d’ici 2027, nous pourrons remplacer nous-même la batterie de notre téléphone portable, de notre ordinateur ou de notre tablette sans outils spéciaux. C’est le nouveau règlement européen (euronews) sur les batteries qui l’impose.

Reconditionné plutôt que neuf

Acheter un appareil d’occasion ou reconditionné, c’est éviter la fabrication d’un nouvel objet, donc la plus grande part de son impact environnemental. Et c’est souvent 20 à 50 % moins cher.

Simplicité d’usage

Moins d’applications préinstallées, c’est moins de distractions et plus de maîtrise. Privilégier les modèles “propres”, sans surcouche envahissante ni publicité intégrée.

Alternatives concrètes

Téléphones simples : Le terme anglais dumbphone (littéralement “téléphone idiot”) ne me plaît pas du tout.
On aurait pu les appeler minimalist phones, zen phones ou joyphones ! Ca aurait été plus engageant. (oui, je sais que « dumb » est pour s’opposer à « smart ».) Ils offrent les fonctions essentielles (appel, SMS, parfois appareil photo basique) avec un écran non tactile. Suffisant si on n’a pas besoin de se connecter au web.

Les minimalist phones : Ce n’est peut être pas le nom officielle de cette catégorie. Il s’agit d’une version plus moderne que nos anciens téléphones portables avec un design minimaliste, mais surtout ils ont la possibilité d’être utiliser comme point d’accès 4G ou wifi. Et certains permettent d’utiliser WhatsApp ou Signal sans toute la panoplie d’un smartphone comme ceux proposés par Punkt ou Light.

Smartphones éthiques : Conçus pour réduire l’impact environnemental et social, ces téléphones misent sur la réparabilité, la durabilité et une chaîne de production plus juste (traçabilité des matériaux et conditions de travail). Les marques concernées sont Fairphone, Teracube ou Shiftphone.

L’application Minimalist phone : pour brider ton utilisation du smartphone. C’est un peu paradoxale que je te propose une application comme alternative. Ce n’est clairement pas ma préférée mais si utiliser une application est pour toi plus simple que de réfléchir à tes applications une par une. Alors pourquoi pas ? Elle peut t’éviter de devoir choisir un autre appareil et atteindre tes objectifs de simplicité.

La location : c’est la solution lorsque nous avons déjà un téléphone basique mais que ponctuellement, pour un voyage par exemple, un smartphone est plus pratique.

    Je n’utilise plus mon smartphone, j’en fais quoi ?

    Avant de le jeter ou l’abandonner au fond d’un tiroir, il existe plusieurs options utiles et solidaires :

    • Les points de collecte agréés (en déchetterie, magasin ou borne municipale) : ils garantissent un recyclage des composants dans les bonnes filières. Les distributeurs ont l’obligation de reprendre les appareils.
      Les structures comme ecosystem, avec www.jedonnemontelephone.fr, se chargent de la réparation ou du recyclage.
    • Les associations et Repair Cafés : certains bénévoles peuvent t’aider à diagnostiquer une panne, à remplacer une pièce ou à le réparer entièrement.
    • Les ateliers pédagogiques comme ceux des Petits Débrouillards ou d’autres structures d’éducation : ils recherchent souvent des appareils électroniques hors service pour les démonter et sensibiliser les jeunes au fonctionnement et à l’impact du numérique.
    • Les programmes de reprise des fabricants ou des opérateurs : de nombreuses marques récupèrent gratuitement les anciens appareils pour réemploi ou recyclage, ou proposent une reprise de l’appareil (SFR, Free, Orange…).
    • Le don à des structures de réemploi solidaire, comme Envie, Emmaüs Connect ou Ateliers du Bocage, qui reconditionnent les appareils pour les redistribuer à bas coût à des personnes en difficulté.
    • La revente s’il a encore de la valeur ou le don dans son entourage.

    Bref, même en fin de vie, ton téléphone peut encore être utile, que ce soit pour apprendre, réparer ou aider quelqu’un d’autre à se reconnecter.

    Conclusion

    Finalement, choisir un téléphone plus sobre, c’est aussi me choisir : moins de dépendance, plus de liberté et un vrai lien retrouvé avec le réel. Et pour cela, il faut prendre son temps avant de se décider (ça serait dommage et contreproductif de changer tous les ans pour trouver le bon appareil).

    Je partagerai mes impressions sur le téléphone que j’aurai trouvé : ses forces, ses limites et les ajustements nécessaires et sur mon expérience et organisation sans smartphone ultra connecté. Et sans smartphone car actuellement je suis littéralement sans téléphone portable depuis plusieurs jours.

    Serais-tu intéressé·e par un inventaire de mes anciennes applications, et par la manière dont je les ai remplacées ou pourquoi je les ai supprimées ?
    Et toi, tu garderais ton smartphone actuel ou tu serais prêt·e à tenter une version plus sobre ?

    Cet article est l’avant-dernier de la série « Défi Sobriété Numérique ».
    Pour revoir le plan concret : Comment j’ai repris le contrôle de mon smartphone : un plan d’attaque en 6 étapes.
    Dernier épisode : Et si la sobriété numérique était aussi de la permaculture ?

    Image par Alexa de Pixabay
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    2 commentaires sur “Quel smartphone choisir ? Guide pratique pour un numérique sobre et durable”

    1. Article très intéressant.
      Reprendre la main sur son téléphone, c’est aussi reprendre la main sur son temps, son attention et son équilibre intérieur.
      Dans mon métier, je vois à quel point la surcharge numérique perturbe le sommeil et le bien-être.
      Un numérique plus sobre, c’est une vraie hygiène de vie.
      Merci aussi pour toutes ces pistes concrètes pour choisir un téléphone récup’ et plus durable.

      1. « Un numérique plus sobre, c’est une vraie hygiène de vie. » Oui surtout le soir lorsque notre rythme devrait diminuer et que les activités numériques viennent au contraire perturber la bonne mise en condition pour l’endormissement et une bonne nuit de sommeil.

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