Aller au contenu
Accueil » Blog » Comment j’ai repris le contrôle de mon smartphone : un plan d’attaque en 6 étapes

Comment j’ai repris le contrôle de mon smartphone : un plan d’attaque en 6 étapes

Sur une table, il y a un carnet ouvert et un stylo, un appareil photo, une montre, un lecteur de musique, un smartphone.

Depuis que j’ai annoncé ma volonté de me passer de smartphone, les réactions fusent :

“Mais comment tu fais ?”
“Je ne pourrais jamais !”
“Mais pourquoi tu fais ça ?!”
“J’aimerais, mais ce n’est pas possible pour moi !”

Il semble que ma démarche bouscule. Je n’ai pas de difficulté à expliquer pourquoi je le fais pour moi, ni comment je m’y prends. Alors je me suis dit qu’il me fallait réfléchir à une réponse un peu synthétique. Mais en fait, j’ai réalisé que ce n’est pas le fond de la question. Ce que j’entends derrière « Mais comment tu fais ? », c’est plutôt :

“Ce n’est pas possible aujourd’hui de faire sans !”
“Tu n’as pas peur de te compliquer la vie ?”
“Comment on fera pour te joindre ? Et les discussions de groupe ?”
“Tu ne risques pas de te couper du monde ?”

Le smartphone a beau être un outil parmi d’autres, questionner son usage touche à quelque chose de plus profond. Le numérique n’a pas seulement envahi ma vie : il a pris une place immense dans nos quotidiens, nos relations, nos habitudes, au point de s’imposer comme une évidence. Aujourd’hui, vouloir faire sans, semble presque contre nature.

Je ne sais pas encore si cette expérience va me transformer, mais une chose est sûre : le smartphone, et surtout ses applications, ont chamboulé nos vies bien plus que je ne l’imaginais.

Entre les mails, les notifications, les messages, les réseaux… j’avais cette impression étrange d’être toujours connectée, mais rarement vraiment disponible. J’ai pris conscience du poids des réseaux sociaux (tu peux lire mon article « Je n’ai plus de compte Instagram »), de mes heures de scrolling, du flux constant d’informations et de sollicitations. Tout ça, au prix de mon attention, de mon temps… et des ressources de la planète.

Si toi aussi tu fais ces constats, j’ai une bonne nouvelle : on peut reprendre la main. Je l’ai fait.
Et voici les 6 étapes que j’ai mises en place pour me libérer, sans frustration.

Reprendre la main en 6 étapes

Etape 1 : Préparer le terrain

Un téléphone sert avant tout à téléphoner… mais on l’a un peu oublié.

Avant de tout changer, j’ai prévenu mon entourage : ma famille, mes amis, mes partenaires de travail.
Je leur ai expliqué que je changeais ma manière d’utiliser mon téléphone et comment me joindre en cas d’urgence.
C’est essentiel pour éviter les malentendus, rassurer ses proches et poser un cadre clair.

Et oui, même si c’est une décision personnelle, elle vient aussi interroger le comportement des autres.
Et ça peut être inconfortable. La première réaction naturelle, souvent, c’est d’essayer de convaincre que notre idée n’est pas une bonne idée.

Alors concrètement, j’ai expliqué à mes proches, de vive voix ou par message, que je privilégie les appels sur mon téléphone fixe ou portable pour ce qui nécessite une réponse rapide et les urgences, et les mails ou SMS pour le reste.

Etape 2 : Définir de nouvelles règles de communication

Fini le “toujours joignable” ! J’ai réduit mes canaux de communication :

  • suppression des messageries instantanées (Signal, Telegram, WhatsApp, Messenger) ;
  • suppression des applications de réseaux sociaux (Instagram, Facebook, TikTok, LinkedIn) ;
  • suppression des applications de messagerie mail.

Pourquoi ? Parce que consulter mes mails sur le téléphone me faisait perdre du temps.
Soit je répondais à la va-vite (parce que le téléphone, ce n’est franchement pas pratique pour écrire correctement et sans faute), soit je me disais « je le ferai plus tard », et je devais consacrer à nouveau du temps pour relire ce mail ou pire j’oubliais de le traiter. Sans parler des interruptions permanentes !

Et puis, quel message envoie-t-on aux autres ?

“Tu peux m’interrompre à tout moment… et attendre une réponse immédiate !”

J’ai donc ajouté un message automatique dans mes mails et sur mes réseaux du type :

“Je consulte mes messages deux fois par jour. Merci pour votre patience.”

J’ai conservé mes comptes Facebook et LinkedIn, mais je ne les consulte plus que depuis mon ordinateur.
Et je m’impose une durée maximale : 20 minutes sur les réseaux, 1 heure pour traiter mes mails.

Non seulement je me sens plus tranquille, mais mes réponses sont en fait bien plus rapides, plus claires, plus efficaces.
J’ai moins d’outils à consulter, je loupe moins de messages et je n’envoie plus quinze messages pour un même sujet. Je prends le temps de faire des demandes et des réponses complètes ! Notre temps est précieux.

Étape 3 : Couper les sources de distractions et d’addiction

Une fois cette première opération faite, j’ai attaqué le cœur du problème : les distractions.

  1. J’ai mis mon écran en noir et blanc. C’est une astuce que j’ai entendu dans une vidéo. Supprimer la couleur rend l’écran du smartphone beaucoup moins attrayant visuellement.
  2. J’ai ensuite supprimé toutes les applications non essentielles ou trop chronophages. C’est fou tout ce qu’on peut entasser. C’est littéralement comme à la maison. J’avais téléchargé plusieurs applications qui pourrait m’être utile pour me détendre, pour méditer, pour faire du sport, etc. et finalement je les ai très peu utilisées. Suppression ! Et j’ai évidemment supprimé les apps dont l’objectif principal est de distraire : les jeux, les applis de streaming comme Netflix. J’ai toutefois conservé une application pour la musique et les podcast. J’hésite encore, je cherche quelle alternative me conviendrait.
  3. J’ai listé les applis “indispensables”. Si certaines applications sont parties sans regret. Pour d’autres, j’ai dû m’assurer d’avoir une alternative. J’ai établi deux catégories : outil ou service en ligne.
    Par exemple : la calculatrice, l’appareil photo, l’alarme… ce sont des outils. J’en parlerai dans l’étape suivante.
    En revanche, les applis pour accéder aux services de ma banque, vendre d’occasion, gérer mes rendez vous médicaux, les applis d’apprentissage ou encore le gps, sont des services en ligne.
    J’ai tout inscris dans un tableau et pour chaque appli, j’ai cherché une alternative accessible depuis mon ordinateur. C’est une étape longue mais essentielle pour préparer la transition vers un téléphone plus simple.
  4. Et j’ai supprimé les raccourcis sur ma page d’accueil. Certains étaient inutiles et pour les autres, j’ai simplement enregistré l’adresse des sites dans feedly, un agrégateur de flux rss (habitude de documentaliste).

A ce niveau là, je peux t’assurer qu’il ne reste plus grand chose sur l’écran de mon smartphone. Je suis d’ailleurs passée de 4 pages à une seule : l’écran d’accueil. Moins d’icônes sur l’écran, c’est moins de sollicitations mentales. Et ça change tout.

Un mantra pour le futur. Comme pour les déchets : le meilleur déchet, c’est celui qu’on ne produit pas. Eh bien, pour les applis, parfois, la meilleure option, c’est simplement de ne rien installer du tout.

Etape 4 : Repenser mes outils

Deux petites questions toutes simples : “Ai-je vraiment besoin de cet outil ? Est ce qu’il existe un autre objet qui répond à la même fonction ? C’est ainsi que j’ai abordé cette catégorie d’applications.

J’ai donc remis une pile dans ma montre. Je l’aime beaucoup, mais je ne m’en servais plus — je regardais l’heure sur mon téléphone. Et, soyons honnêtes : deux fois sur trois, on se retrouve à faire tout autre chose en l’ouvrant.

J’ai installé un réveil et une petite lampe de poche dans ma chambre parce que c’est clairement l’excuse pour avoir son téléphone dans sa chambre même si on le met en mode avion.

Fini le « je note tout dans mon téléphone parce que je l’ai toujours sur moi ».
Pour les listes de courses, j’utilise un petit bloc-notes papier, pour les rendez-vous, j’ai un agenda papier de My 365 (non affilié) et j’ai un carnet pour noter tout le reste : des recettes, des références de livres ou de films, etc.

Le smartphone est aussi utilisé pour stocker. J’ai donc entrepris un grand tri : photos, vidéos, audios, contacts… tout y passe. Je fais comme pour les objets à la maison, chaque semaine, je prends un moment pour supprimer, classer, archiver. Et quand je sauvegarde ce qui est important, la peur de “perdre quelque chose” s’éloigne. Le désordre digital existe et il pèse sans qu’on s’en rende compte.

Étape 5 : Redonner une place au silence et se reconnecter au réel

J’ai instauré quelques règles simples :

  • pas de portable pendant les repas ;
  • pas de téléphone dans la chambre ;
  • pas d’écran une heure après le réveil ni une heure avant de dormir ;
  • pas d’écran pendant une autre activité (et oui, même aux toilettes 😅).

J’ai aussi défini une place précise pour mon téléphone dans la maison. Quand il est rangé, je l’oublie, tout simplement.

Et là, j’ai redécouvert quelque chose de précieux : le silence. Au début, il y a un vide, un léger inconfort. Ce n’est pas très agréable et on a envie d’occuper notre esprit. Mais je n’ai plus du tout envie de scroller. J’ai bien eu le réflexe de sortir mon téléphone dans une salle d’attente par exemple… avant de me rappeler que je n’ai plus d’applis à scroller. Alors je me souviens que j’ai pris un livre dans mon sac, ou qu’il y a un podcast que je voulais écouter. Et honnêtement ça ne me manque pas du tout, je suis même contente.

Ce silence, c’est du temps retrouvé. Du vrai. J’essaie d’apprécier la chance que j’ai, d’avoir cet espace de respiration que je me suis créé. Je peux observer, écouter, rêver… ou prendre mon téléphone mais pour appeler un proche.

Étape 6 : Faire le bilan et accepter l’imperfection

Je ne suis pas parfaite, et je n’ai pas envie de l’être. Il m’arrive encore de passer trop de temps sur LinkedIn ou de répondre trop tard à un mail. Mais je fais le point régulièrement, pour apprécier le chemin parcouru.

En réalité, ce défi m’a permis de voir tout ce que j’avais déjà mis en place : suppression des notifications inutiles, fermeture d’Instagram, réduction du temps d’écran… Faire le point, c’est reconnaître les progrès, repérer les zones à ajuster, et redéfinir ses objectifs.

La sobriété, ce n’est pas un dogme : c’est un chemin. Et plus j’avance, plus je ressens de la légèreté, de la clarté, et une vraie présence. Pas seulement dans le numérique, mais dans toute ma vie.

En résumé : moins de bruit, plus de sens

Ce plan d’attaque n’a rien d’une déconnexion totale.
C’est une reconnexion essentielle : à moi, à mes proches, à la nature, à la vie réelle.

Si toi aussi tu ressens cette fatigue numérique, commence petit, suis un de ces conseils :

  • Un jour sans réseaux.
  • Un soir sans écran.
  • Supprime les notifications.
  • Désinstalle les applis que tu n’as pas ouvertes depuis six mois.
  • Fais une pause d’une semaine avec une appli que tu ouvres machinalement.

Et si tu veux aller plus loin, pourquoi ne pas tester un séjour détox numérique ?
Chez Autonovie par exemple, Diane et Jérémy t’accueilleront sur leur lieu parfait pour se reconnecter à la nature, loin des ondes.

Alors, qu’en penses-tu ? Vas-tu tester ? Penses-tu que je vais tenir mon défi ?
J’attends ton retour avec impatience.

Tu es arrivé·e au cœur de la série « Défi 1 mois pour se passer de smartphone ».
Pour voir d’où tout est parti : Nouveau défi : un mois pour me passer de smartphone.
L’article précédent : Ma pollution bien réelle avec le numérique
Prochain épisode : Quel smartphone choisir ? Guide pratique pour un numérique sobre et durable

Image par Myo Min Kyaw de Pixabay
Spread the love

4 commentaires sur “Comment j’ai repris le contrôle de mon smartphone : un plan d’attaque en 6 étapes”

  1. Une vraie bouffée d’air dans un monde saturé d’écrans et de notifications ! Ton article donne vraiment envie de ralentir, de respirer et de réapprendre à être pleinement présent. Merci pour ce partage sincère et plein de sagesse.

    1. Je te remercie pour ton commentaire. Je suis persuadée que ralentir est la solution, au moins en partie, à la plupart des maux que nous connaissons actuellement.

  2. Ton article et ton défi fait beaucoup de sens. Encore plus ces derniers temps. Avant, il n’y avait pas de téléphone portable. Et nous communiquions… Je veux dire face à face. Il y avait des liens solides qui se créaient. Tu parles de reconnexion et c’est complètement cela.

    1. Je trouve que nos échanges sont de moins bonne qualité, et que les collaborations sont de moins en moins efficaces alors que les outils collaboratifs sont de plus en plus nombreux… Probablement parce que le meilleur outil dans l’équation, c’est l’être humain à qui ont fait moins confiance qu’aux machines.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.